En novembre 2005, le CCF, l’UBP, la Banque de Picardie, la Banque de Baecque Beau et les agences de la Banque Hervet en région parisienne ont adopté la marque HSBC. Ces banques, avec leur patrimoine et leur histoire, constituent aujourd’hui HSBC en France.
Le CCF, aujourd’hui HSBC France, est né à l'initiative d’Ernest Méja et Benjamin Rossier, respectivement Directeur et Fondé de pouvoirs de la succursale parisienne d'une banque suisse, la Banque Fédérale S.A qui s'installe à Paris en 1890.
Désireux de s'émanciper de la tutelle de la Banque Fédérale, Méja et Rossier ambitionnent de créer un établissement à mi-chemin entre les activités commerciales et financières pour répondre aux besoins des entreprises. Ils proposent aux dirigeants de la Banque Fédérale la constitution d'une société anonyme qui reprendrait les activités de la succursale parisienne.
La Banque Suisse et Française (BSF) est fondée le 18 juin 1894. Elle est établie pour une durée de cinquante ans. Elle démarre modestement ses activités avec douze employés dans un appartement de la rue Laffitte.
Dans un contexte favorable à l'essor du système bancaire et au développement des activités industrielles, la BSF connaît une croissance rapide. Ses effectifs sont multipliés par dix en quelques années, nécessitant l'acquisition de nouveaux locaux. Entre 1906 et 1908, elle fait construire son siège social au 20, rue La Fayette.
La banque s'engage très tôt dans les secteurs novateurs que sont l'industrie électrique - elle finance la première ligne du métro parisien - le cinéma, la téléphonie sans fil, la construction automobile, les produits chimiques et l'industrie textile. Elle s'attache notamment la clientèle des Galeries Lafayette, de la Compagnie générale d'électricité, de Nestlé et de la Société de la Tour Eiffel, avec laquelle elle entretient des liens étroits.
En moins de vingt ans, la BSF se hisse au rang des dix premiers établissements de la place de Paris. Benjamin Rossier décide dès lors d'étendre la présence de la banque sur l'ensemble du territoire. L'agence de Tourcoing et la succursale de Lille sont créées en juillet 1913.
En 1914, la reprise de la Banque du Colombier dote la BSF d'une succursale à Marseille. Parallèlement à cette expansion en province, sept agences s’ouvrent à Paris entre 1914 et 1917.
Malgré la guerre, les dépôts progressent et la Banque Suisse etFrançaise joue un rôle actif dans le placement des emprunts de la défense nationale. En 1917, elle fusionne avec deux banques : une société lyonnaise, la Maison Aynard et Fils, et la Caisse de Crédit de Nice.
La nouvelle dimension de la maison et le contexte patriotique de l'époque l’incitent à un changement de raison sociale : le Crédit Commercial de France (CCF) est né.
L'expansion du réseau du CCF reprend avec la fin de la Première Guerre Mondiale. Une agence est ouverte en 1918 à Villeurbanne, au moment de la reprise de la Banque Le Maillot. L'année suivante, l'absorption de la Banque de Bordeaux, fondée en 1818, permet une implantation dans le Sud-Ouest.
A la fin de l'année 1919, le CCF possède un effectif de plus de 2 000 employés, les locaux de la rue La Fayette sont désormais insuffisants. Le choix de la banque se porte sur un immeuble de prestige à l'ouest de Paris, destiné à accueillir les bureaux de son administration centrale : l'Elysée Palace. Le CCF s'y installe en 1922.
L’expansion du réseau se poursuit, à Paris, où le CCF possède 19 agences en 1930, et en province avec l'absorption de plusieurs établissements. La Banque Marius Conte Devolx et Cie basée à Salon-de-Provence est acquise en 1920. Huit ans plus tard, le réseau de la Banque de Mulhouse permet de toucher l'est de la France et le Havre. Enfin, en 1931, l'achat de la Banque Bouilloux-Lafond apporte de nouvelles implantations à Orléans et en région parisienne.
Une nouvelle équipe dirigeante formée de Henri Gunthert, Albert Rossier, Hugues Jéquier et Raymond Merckling succède à Benjamin Rossier. Le fondateur de l'établissement se retire en 1936 après quarante années consacrées à la banque.
Lorsque la guerre est déclarée, 40% des effectifs masculins sont mobilisés. Le CCF décentralise alors ses structures administratives pour échapper aux éventuels bombardements et l'établissement parvient ainsi à conserver une activité réduite.
En 1945, le CCF compte parmi les premières banques de dépôts privées en France. Pendant les décennies suivantes, dirigé par Jean Davillier puis Jacques Merlin, il va s'engager dans une phase d'intense développement.
Sous la présidence de Jacques Merlin, la banque s'engage dans une politique de forte expansion favorisée par l'accroissement des dépôts et une réglementation bancaire plus souple. Entre 1961 et 1975, le nombre des guichets est multiplié par trois, passant de 70 à 213.
Le CCF prend des participations dans le capital de banques parisiennes ou locales et crée des filiales spécialisées dans le crédit à moyen et long terme ou dans l'immobilier.
Dans le même temps, les structures internes de l'établissement sont réformées.
Les années 1960 voient la création d'un département industriel et d'un département international. Cette dimension nouvelle est accentuée par la prise de participations dans des organismes financiers étrangers et la création d'un réseau de représentants dans divers pays : le CCF Suisse voit ainsi le jour à Genève en 1967.
En 1965, la création du compte automatique journalier permet aux clients de recevoir un relevé de compte après chaque opération. Et pour la première fois, une campagne de publicité vise le grand public. La “grande banque privée indépendante” voit croître son nombre d'actionnaires de 17 à 45 000 et lance une campagne sur le thème de “La banque des réussites”.
Sous l'impulsion de Jean-Maxime Levêque, successeur de Jacques Merlin, le CCF poursuit son expansion, notamment au niveau international avec l'ouverture de succursales, filiales et bureaux de représentation à l'étranger. Il s'étend en Italie et en Suisse, s'implante en Grèce, en Allemagne, aux Etats-Unis, en Amérique du Sud, et au Moyen-Orient.
De 1982 à 1984, sous le mandat de Daniel Deguen, une nouvelle équipe dirigeante est placée à la tête du CCF. Elle se compose de Michel Pébereau, Charles de Croisset et René de la Serre. Ils mettent en place de nouvelles orientations, notamment au niveau informatique. Le CCF crée une banque d'investissement à dimension européenne et le rapprochement avec l'Union de Banques à Paris, l'Européenne de Banque et la Banque Chaix constitue la base du futur groupe CCF.
Le CCF développe à cette époque l'application télématique de la banque à domicile et s'impose, avec Vidéocompte et Vidéobanque, comme précurseur puis leader dans ce domaine.
L'arrêté du 24 avril 1987 fixe les modalités de la privatisation du CCF : plus de 15 millions d'actions sont proposées à la Bourse de Paris dans le cadre de l'offre publique de vente.
Une importante campagne de communication est lancée. Elle a pour thème “Investissez dans la réussite”. Sur les Champs-Elysées, la façade du CCF sert d'enseigne à la campagne et présente la courbe ascendante de la valeur de l'action. Le nombre d'actionnaires passe à 1 650 000. Michel Pébereau est nommé à la présidence du CCF.
La période 1988-1993 est marquée par la reprise de l'extension du réseau, avec la volonté de renforcer la présence en Ile-de-France. A côté de son réseau national, le CCF a progressivement constitué un pôle de banques régionales, agissant sous leur propre enseigne.
En 1991, il filialise ses guichets situés en Gironde, dans le Périgord et dans le Lot-et-Garonne, pour créer le Crédit Commercial du Sud-Ouest (CCSO) dont le siège est à Bordeaux. L'année suivante, il acquiert la Banque Marze dans l'Ardèche, puis, en 1993, la Banque de Savoie.
Le Crédit Commercial de France s’intéresse également à l’Europe. Il créé, en 1991, l'association IBOS avec plusieurs partenaires européens. Grâce à une connexion informatique des banques entre elles, IBOS offre à la clientèle des entreprises et des particuliers de ces établissements des services bancaires complets en temps réel ; d’abord au sein de l'espace européen, puis à l'échelle de la planète. Véritable “banque virtuelle internationale”, IBOS réunit, en 1999, quinze établissements et forme un réseau de plus de 15 000 agences dans le monde.
Les années 1990, marquées par la présidence de Charles de Croisset et la célébration du Centenaire du CCF en 1994, voient le développement et le perfectionnement de certains métiers : la banque d'investissement, la banque privée internationale et la gestion d'actifs.
Le CCF poursuit et renforce le développement de son activité de banque de réseau en France en agrandissant le cercle de ses banques régionales. Elle acquiert, en 1995, la Banque Dupuy de Parseval, implantée en Languedoc-Roussillon. Trois ans plus tard, la Société Marseillaise de Crédit, qui occupe une place significative dans le Sud-Est avec 160 agences, entre dans le groupe. En 1999, le CCF détient également 100% du capital de la Banque de Picardie.
L'année suivante, il achète la Banque Pelletier, établie à Dax et dans le Sud-Ouest, puis en 2001, la Banque Hervet, présente dans la région Centre et en Ile-de-France. Celle-ci devient la première des dix banques régionales du CCF.
La 7ème banque française achève le XXème siècle avec une croissance de son bénéfice net consolidé pour la 17ème année consécutive.
Le 1er avril 2000, HSBC, l'un des plus grands groupes de services financiers et bancaires au monde, lance une offre amicale sur le CCF. Quelques mois plus tard, le CCF devient la plate-forme européenne du Groupe HSBC Holdings plc. et entame une nouvelle étape à l’avenir prometteur.
L'intégration du CCF au sein du Groupe HSBC est réalisée rapidement. A l'étranger, les succursales du CCF sont reprises par HSBC. La responsabilité de la supervision des implantations de HSBC en Belgique, Espagne, Italie et Pays-Bas est transférée au CCF, affirmant ainsi son rôle au sein de la zone euro. Dans le métier de la gestion d'actifs, CCF Capital Management devient HSBC Asset Management (Europe) SA, responsable de la gestion des actifs des marché européens. Dans le métier de la banque privée, les quatre filiales spécialisées du CCF, HSBC Republic, CCF Banque Privée Internationale, Banque Eurofin et Banque du Louvre fusionnent en octobre 2003 pour créer HSBC Private Bank France.
Le groupe CCF lance en 2003 un plan stratégique sur cinq ans. Son objectif : accélérer la croissance dans ses segments de clientèle prioritaires et devenir leur banque de référence pour la qualité du service et du conseil.
La présence internationale du Groupe, sa puissance financière et ses investissements technologiques globaux sont autant d'atouts, qui, associés à une pratique reconnue de banque relationnelle de proximité en France, permettent au CCF de mieux servir ses clients et d'en conquérir de nouveaux. Ce projet s'inscrit dans la continuité des valeurs et de la réussite passée du CCF.
En devenant HSBC en France en novembre 2005, le CCF, ainsi que la Banque Hervet, l’Union de Banques à Paris et la Banque de Picardie a su s’engager dans des projets ambitieux à la hauteur de sa dimension nouvelle.
HSBC a finalisé, en juillet 2008, la cession à la Banque Fédérale des Banques Populaires de son réseau de banques régionales en France (Société Marseillaise de Crédit, Banque de Savoie, Banque Chaix, Banque Marze, Banque Dupuy, de Parseval, Banque Pelletier et Crédit Commercial du Sud Ouest), des négociations exclusives ayant été engagées début 2008.