HSBC Hervet

En novembre 2005, le CCF, l’UBP, la Banque de Picardie, la Banque de Baecque Beau et les agences de la Banque Hervet en région parisienne ont adopté la marque HSBC. Ces banques, avec leur patrimoine et leur histoire, constituent aujourd’hui HSBC en France.

StatutsLa Banque Hervet, aujourd’hui HSBC Hervet, est née en 1830, avec l'établissement à Bourges de la Société Domont et Déséglise. Fondée par deux négociants, elle exerce des activités de crédit et d'escompte. Claude Domont s'associe en 1846 avec son gendre Ludovic Grenouillet, lequel achète en 1875 la banque Duret-Martinet. Sous le Second Empire et la IIIème République, la banque passe successivement entre les mains d'Alphonse Bureau puis d'Albert Hervet, descendant d'une lignée de notaires. Ce dernier devient membre puis Président de la Chambre de Commerce de Bourges de 1905 à 1927.

Albert Hervet se retire en 1919 et laisse son fils Henri seul à la tête de l'établissement.banque hervet henrichemont
Soutenue par la reprise économique de la région, la Banque Hervet va se développer et s'étendre au delà de la ville de Bourges, dans le département du Cher puis dans le Loiret. Entre 1920 et 1930, vingt-cinq agences sont ouvertes ainsi qu'une succursale à Vierzon. La banque intervient alors dans tous les secteurs bancaires. Elle pratique l'escompte, le prêt, le crédit de caisse et le crédit saisonnier.

En décembre 1930, la Banque Hervet devient une société anonyme. Elle compte parmi ses plus importants souscripteurs, Albert Hervet qui détient la moitié du capital, la Banque de l'Union Parisienne et la Société Nancéenne de Crédit Industriel et de Dépôts. Malgré la crise des années 30, l'établissement bancaire poursuit son expansion. Il rachète en 1933 la Banque Gerbier de Châteauroux, qui lui permet de s'implanter dans l'Indre. Cette même agence constitue, sous la Seconde Guerre mondiale, le siège provisoire de la Banque Hervet en zone libre. Elle est également le point de départ de son développement dans le département de l'Indre.

Dès la fin de la guerre, l'activité s'accélère. Les dépôts augmentent et la banque poursuit l'extension de son réseau en investissant dans l'immobilier. Parallèlement à ces ouvertures d'agences en centre ville, la Banque Hervet lance sur les routes des démarcheurs destinés à toucher un public plus rural.

L'opportunité de s'implanter à Paris apparaît au début des années 50 avec une prise de participation de la famille Hervet dans le capital de la Banque Centrale d'Escompte. La fusion des deux établissements intervient à l'automne 1954 et dote la Banque Hervet d'une succursale boulevard Malesherbes. L'implantation parisienne est une réussite, elle atteint un milliard de francs de dépôt en 1957. Deux ans plus tard, la succursale Opéra ouvre ses portes après la reprise de la Banque Bertrand, bientôt suivie par la création d'un guichet à Neuilly-sur-Seine.

En 1964, la Banque Hervet constitue avec d'autres établissements régionaux et nationaux l'Union des Banques pour l'Equipement, destinée à faciliter les projets d'investissements des entreprises et des particuliers. Puis, elle crée une filiale spécialisée dans le financement de l'immobilier, le Crédit pour l'Accession à la Propriété (CREDAP), qui connaît un rapide succès et se transforme quelques années plus tard en Hervet Créditerme.

logo HervetEn 1968, Henri Hervet se retire après cinquante années passées à la tête de la banque. Avant son départ, il modifie la structure de l'établissement. La Direction sera désormais collégiale, assurée par Georges Hervet, Pierre Barbé et Jean-Luc Ewald, et contrôlée par un Conseil de surveillance dont Henri Hervet lui-même assume la présidence. A son décès en 1971, la Banque Hervet compte 58 agences dont 10 à Paris et figure bientôt parmi les 20 premières banques françaises les plus rentables. Elle fait son entrée à la Bourse de Paris en 1974.

Face à l'extension du réseau, de la clientèle et des activités, les immeubles de Neuilly et de Bourges ne suffisent plus à accueillir un personnel toujours plus nombreux. Le centre administratif de Fussy, près de Bourges, est inauguré en 1972. Il réunit, sur 3 000m², la Direction Administrative et Comptable, les équipements informatiques et le Portefeuille central. A Neuilly, deux immeubles sont également édifiés pour accueillir le Département financier et le Service étranger, alors en forte croissance.

publicite 1970Dans les années 1970, malgré la rigueur imposée par le ralentissement de l'économie, la banque poursuit son expansion au rythme de trois ou quatre ouvertures d'agences par an. Elle dispose de deux filiales, Hervet Crediterme et Hervet Gestion, et de cinq participations spécialisées dans le crédit-bail, l'immobilier, l'équipement et la publicité. Elle acquiert la Compagnie Parisienne de Banque, à guichet unique, dont les activités se poursuivent sous le nom de Société Parisienne de Banque.

Alors que la banque s'apprête à fêter son cent-cinquantenaire en 1980, on peut désormais parler d'un groupe Hervet.

A la veille de sa nationalisation, le groupe affiche des résultats satisfaisants, ses profits nets sont en hausse de 24% et la banque vient d'ouvrir un nouveau guichet à Monaco. Lisette Mayret, Directeur central de la Compagnie Financière de Rothschild, est désignée par décret à la tête de la banque, en février 1982. Elle entend poursuivre une politique conforme aux orientations générales du pays et développer certains secteurs : le marché des entreprises et la gestion de fortune.

L'établissement va créer de nouveaux produits, poursuivre ses ouvertures d'agences à Paris et en Province et mettre en place des actions de communication.
Une nouvelle identité visuelle est ainsi adoptée. La vague verte qui souligne le nom de la banque symbolise à la fois son dynamisme et les vallons et prairies du Berry et de la région Centre.

En 1986, le changement de gouvernement porte Jean-Baptiste Pascal à la présidence de la Banque Hervet. Directeur central du CCF et Président d'une de ses filiales, Interbail, Jean-Baptiste Pascal entreprend de réformer les structures de la banque. Il souhaite relancer les activités liées à l'immobilier, aux marchés et à l'informatique, nécessitant d'importants investissements.

Trois ans plus tard, sous le gouvernement Rocard, Patrick Careil, inspecteur des finances, reprend les rênes de l'établissement. Il prévoit de nouveaux investissements dans le réseau, la création de nouveaux produits et des partenariats européens. En 1990, la banque compte 68 implantations dont 24 à Paris et en région parisienne. La croissance externe se poursuit avec l'achat de plusieurs courtiers, du Crédit Chimique et de la Banque de Baecque Beau, établissement ancien spécialisé dans la clientèle haut de gamme. Des accords de partenariats sont également signés avec deux banques allemande et italienne.

plaqueLa Banque de Baecque Beau est créée en 1837 sous la forme d'une société en nom collectif. Elle est fondée par deux négociants Camille Cailliez et Charles de Baecque. Son objet est à la fois le négoce de commissions en marchandises et les affaires de banque.

En 1846, la banque s'associe à Alexis Beau. Elle opère dès lors sous la raison sociale Cailliez, de Baecque et Beau, et se recentre sur les activités bancaires et principalement les opérations d'escompte. Son appellation est à nouveau modifiée au XIXème siècle avec l'arrivée d'un nouvel associé, Maurice Lantin.

C'est après la Seconde Guerre mondiale que la banque adopte la dénomination Banque de Baecque Beau (BBB). Au cours du XXème siècle, elle établit un réseau de correspondants à l'étranger et des partenariats avec des établissements de même taille. Ce système lui permet de bénéficier d'équipements informatiques, de participer à la gestion de fonds communs d'intéressement et à l'émission d'emprunts.

En 1991, la Banque de Baecque Beau (BBB) rejoint le Groupe Hervet. Quelques années plus tard, elle rachète plusieurs portefeuilles de clientèle de banques et notamment ceux de Citibank, de la Banque Monod et absorbe la Société Parisienne de Banque en 1997. Olivier Motte, nommé en avril 2004, succède à Pierre Jammes à la Présidence de la Banque de Baecque Beau.

Au début des années 90, la récession économique et son impact sur le secteur immobilier fragilise la Banque Hervet. Dès 1992, elle est contrainte de prendre de sévères mesures de réduction budgétaire. Patrick Careil, qui cherchait depuis son arrivée un partenaire sur lequel adosser son établissement, conclut en 1993 un accord participatif avec le Crédit Commercial de France (CCF).

Le CCF acquiert 12,5% puis 34% de la Banque Hervet, cette dernière prenant une participation de 1% dans le capital de la banque des Champs-Elysées. Face aux médiocres résultats de la Banque Hervet, le CCF se retire du capital qui est repris par l'Etat. Après quelques années de rigueur et d'incertitude, les résultats progressent à nouveau. Des actions de croissance interne et externe, menées conjointement avec la Banque de Baecque Beau, sont entreprises.

160 ans de developpementLa question de la privatisation de la Banque Hervet, suspendue depuis plusieurs années est réétudiée en 2000. Plusieurs banques françaises se présentent à la reprise. C'est finalement le CCF - complémentaire sur les plans géographique, des compétences et de la clientèle, et tout juste membre du Groupe mondial HSBC - qui remporte la décision des pouvoirs publics. L'assemblée générale du 16 février 2001 approuve les dispositions gouvernementales qui font du groupe Hervet une filiale bancaire du CCF.
En 2004, François Morlat succède à Patrick Careil à la tête de la banque, tandis que ce dernier rejoint le CCF.

Après Bourges et Paris, la Banque Hervet poursuit son développement au sein d'un grand groupe international. Ainsi, à l'automne 2005, elle apporte au nouveau pôle francilien d'HSBC son réseau d'agences parisiennes ; dans la région Centre, qui l'a vue naître 175 ans plus tôt, elle se décline désormais sous la marque HSBC Hervet.