En novembre 2005, le CCF, l’UBP, la Banque de Picardie, la Banque de Baecque Beau et les agences de la Banque Hervet en région parisienne ont adopté la marque HSBC. Ces banques, avec leur patrimoine et leur histoire, constituent aujourd’hui HSBC en France.
L'Union de Banques à Paris, aujourd’hui HSBC UBP, est le fruit de la fusion en 1935 de trois établissements : la Banque Mutuelle d'Etudes et de Crédits (BME), la Banque de Suède et de Paris et la Banque Argentine et Française.
La Banque Mutuelle d'Etudes et de Crédits (BME)
La Banque Mutuelle d'Etudes et de Crédits (BME) est fondée en 1911 par d'anciens élèves de l'Ecole Centrale des Arts et Manufactures. Ils ont l'ambition de créer à la fois un établissement de banque d'affaires traditionnel et une société capable de gérer des entreprises industrielles et commerciales. La BME présente une structure de type mutualiste. Ses clients sont également actionnaires et intéressés aux affaires de la banque. Après quelques années d'existence, la Banque Mutuelle possède une dizaine de filiales dont les spécialités sont aussi variées que la construction industrielle, la fabrication de confitures auvergnates ou l'exploitation agricole en Algérie.
Dès son entrée au Conseil d'administration, en 1921, Pierre Lebon dynamise et réforme les structures de l'établissement. Il étend rapidement ses missions initiales en instituant l'activité de banque de dépôt.
Dans les années 30, Pierre Lebon envisage le rapprochement avec d'autres établissements complémentaires que sont la Banque de Suède et de Paris et la Banque Argentine et Française.
La Banque de Suède et de Paris
Créée à la veille de la Première Guerre mondiale par quelques personnalités suédoises installées en France, la Banque de Suède et de Paris a pour objet de faciliter les échanges économiques et commerciaux entre les deux pays. En 1929, la majorité de son capital est détenue par l'homme d'affaires suédois Ivan Kreuger, leader mondial du marché des allumettes. La crise des années 30 aura raison de l'empire économique du groupe Kreuger. La Banque de Suède et de Paris tente néanmoins de survivre. Axel Egnell, ingénieur et Président de la Chambre de Commerce Suédoise en France, s'efforce de rétablir une situation devenue dramatique.
Une légère reprise des activités se manifeste en 1933 grâce à la fidélité de la clientèle. L'avenir de la banque paraît néanmoins compromis, c'est alors qu'elle est approchée par Pierre Lebon, qui s’intéresse également à un autre établissement : la Banque Argentine et Française.
La Banque Argentine et Française
La Banque Argentine et Française est née à Paris en 1909 dans le but de faciliter les opérations entre les deux pays et d'assurer la correspondance de sa maison-mère, la Banque Française du Rio de la Plata. Quelques années après sa création, elle est l'un des principaux acteurs du commerce avec l'Argentine. Très vite, elle ouvre une agence dans le centre de Paris bénéficiant de l'économie florissante outre-Atlantique.
Dans les années 20, la santé de la banque, dépendante du commerce extérieur, est fragile. Elle subit de plein fouet la crise de 1929, aggravée par les mauvaises récoltes sud-américaines. Elle conserve, néanmoins, des réserves élevées et un portefeuille de clients significatif.
Ces atouts décident Pierre Lebon à faire entrer la Banque Mutuelle d'Etudes et de Crédit dans son capital et à devenir actionnaire majoritaire. Il prévoit le rachat par la banque argentine de la clientèle et des fonds de la BME et de la Banque de Suède et de Paris. La fusion est réalisée le 19 février 1935 et donne naissance à l'Union de Banques à Paris.
Après des débuts difficiles et des bénéfices maigres liés à la situation économique des années 30 et à l'Occupation, les résultats de la banque progressent. Elle développe, après-guerre, des correspondances avec de nombreuses banques locales et prospecte à l'étranger. Elle entretient d'ailleurs toujours des liens économiques privilégiés avec
la Suède.
Dès 1956, elle lance quelques opérations publicitaires et s'agrandit l'année suivante avec la reprise de la banque montreuilloise Charpin et Cie - Caisse d'Escompte de la Seine présente dans l'est parisien. La fusion entre les deux établissements est effective en août 1959.
La décennie 1960 voit l'extension du réseau commercial à Paris comme en banlieue et les débuts de l'investissement immobilier.
En 1968, Pierre Lebon, fondateur et président de l'UBP décède. Son fils Roger, entré dans
la banque vingt ans plus tôt, lui succède.
Dans les années 70, la banque poursuit son développement externe par l'acquisition de quatre établissements.
En 1973, elle entre majoritairement dans le capital de la Société Anonyme Parisienne de Crédit, créée en 1869 par la corporation des bouchers parisiens. Quelques mois plus tard, elle absorbe la Banque Parisienne d'Escompte dont la clientèle est essentiellement composée de professionnels du vin.
En 1977, le Crédit Chimique lui cède ses trois agences. L'année suivante, l'UBP acquiert
la SORHOFI (Société Rhodanienne de Financement) rebaptisée Banque de Rhône et Loire et entre dans le capital de la Banque Brière devenue Banque de Picardie.
L'Union de Banques à Paris est nationalisée par la loi du 13 février 1982.
Elle poursuit sa politique d'expansion par l'absorption de la Compagnie Commerciale de Banque en 1985.
L'année suivante, l'UBP devient une filiale du CCF. Ses multiples acquisitions lui ont permis d'étendre son réseau en région parisienne. Elle dispose de 55 agences réparties dans Paris et en Ile-de-France, déclinées depuis novembre 2005 sous la marque HSBC.