Depuis le 1er janvier 2010, la Chine et 6 pays d'Asie du Sud-Est (Thaïlande, Indonésie, Brunei, Philippines, Singapour et Malaisie) ont quasiment supprimé les droits de douane sur 7 000 produits et services couvrant 90 % de leurs échanges. Cet accord inaugure ainsi la 3ème zone de libre-échange en volume au monde. L’extension de cet accord aux autres pays les moins avancés de la zone ASEAN (Association des pays de l’Asie du Sud-Est) se fera en 2015 afin de leur permettre de ramener progressivement à zéro les droits de douane qu’ils prélèvent actuellement sur les produits chinois.
L’entrée en vigueur de cette zone de libre-échange modifie considérablement le paysage économique d’une région qui totalise près de 2 milliards d’habitants. Elle offre à la Chine un accès facilité aux matières premières des pays d’Asie du Sud‑Est et la promesse de nouveaux marchés pour ses produits manufacturés. Pekin, qui a activement milité pour la mise en place de cette nouvelle zone, estime que l’ensemble des échanges dans la région devrait atteindre 200 milliards de dollars l’an prochain, ce qui représenterait presque un doublement par rapport aux 113 milliards de dollars recensés en 2005. De quoi compenser la baisse des exportations chinoises vers les Etats-Unis et l’Europe, déplorée depuis le début de la crise mais aussi d’attiser les craintes d’industriels locaux qui redoutent de disparaître sous l’afflux de produits bon marché chinois.